Dernière mise à jour : 08.01.2007

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Vos confidences

 

Antoine, 11 ans

Chotts du Nefzaoua, octobre 2006

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DunesCoucher de soleil

LacCoucher de soleil

siestemusique

 

Hélène et Coe.

Un lac au Sahara, octobre 2006

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L’erg oriental tunisien s’offre à la méditation comme une grande page vierge : Paysages fabuleux, vie cachée, végétation rare mais puissante, le ciel et les étoiles se découvrant en un livre magique. Les traditions ancestrales y prennent un sens mystique : cuisson du pain, partage du thé, feu de camp, contes et chansons, échange, poésie, prière des hommes…Tout se mesure au rythme humain, loin des pollutions sonores, lumineuses, chimiques.

 

Pierre.

Tembaïn, montagne sacrée, novembre 2006

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Rémy et Laurence.

Chotts du Nefzaoua, mai 2006

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Méharée en Tunisie

Novembre 2005 – Ksar Ghilane (suite)

 

lundi 7 novembre

Le lever est beaucoup moins calme que les autres jours. Il semble que les chameliers s'affairent plus qu'à l'accoutumée. La nuit a été très humide car cette fois nous nous réveillons non plus au dessus des brumes matinales, mais en plein dedans. L'objectif de la journée est de marcher plein Ouest vers le puits de Mida, où une douche nous attend !? Nous en avons pour environ quatre heures et demie de marche. Khalifa craint que nous ayons très chaud car de nombreux insectes volaient hier soir et que la nuit a été très humide. Après un petit déjeuner sans surprise nous partons vers huit heures et demie à l'assaut de cette belle dune au pied de laquelle nous avons dormi. Nous marchons dès le début d'un bon pied. C'est parti pour la traversée du plateau de Mida, d'une seule traite. Le paysage n'est pas enchanteur et les annonces de plus en plus farfelues de Khalifa du temps qu'il nous reste à parcourir pour atteindre le puits cassent notre moral. Après chaque montée, nous espérons découvrir le puits, mais nous ne voyons qu'une autre partie du plateau, avec le gour (montagne) de Mida sur la gauche au loin.

Malgré tout nous nous amusons à essayer de reconnaître les traces des animaux. Il y a des traces de gazelles et Khalifa regrette de ne pas avoir pris son fusil et son chien. Il y a des traces de lézards, de scarabées, de gerboises, de lièvres, de chamelles, de bergers, de chèvres, de moutons, de chacals, de fennecs, …

Les dromadaires de Moktar sont à l'avant. Depuis le départ ce matin, ils marchent en direction du puits, qu'ils savent où trouver. Comment font-ils ? Pas la moindre idée ! Jean-Louis baptise celui qui est marche en tête "GPS" et Emmanuel appelle Galiléo celui qui le suit, en référence au système européen de navigation par satellite à la traîne du système américain.

Le puits n'est toujours pas en vue. Les gourdes sont vides et de toute façon loin devant sur les dromadaires. Il fait chaud, nous marchons plus vite que d'habitude et on ne s'arrête pas. Enfin, après avoir frôlé la crise, nous arrivons en vue du puits. Des traces de 4x4 se densifient et on a même l'impression de suivre une piste.

Khalifa choisit notre campement de nuit, à proximité du puits. Il est une heure et demie et nous sommes envahis par une bonne et saine fatigue. Il fait très chaud. Mohamed prépare une soupe à l'œuf, c'est super bon. Le dessert est exceptionnellement constitué de loukoums.

Autour du puits il y a des enfants, des ânes, des chèvres, deux 4x4. C'est là que l'on se rend compte que dans le désert les points d'eau sont importants et sont le point de ralliement de toutes les activités.

Les enfants restent sur les dunes et s'approchent progressivement, sans jamais atteindre le campement. Ils ont du voir plus de touristes que nous de bédouins. Alors c'est nous qui sommes les plus curieux. Deux enfants s'approchent des chameliers. Mohamed et Moktar leur donnent des grenades pour les chèvres. L'un d'entre eux me propose une flèche taillée en silex à 5 dinars. C'est moche comme marché ! Je suis un peu déçue par ce premier contact.

Passe ensuite une compagnie de 4x4. Ils sont plus d'une dizaine. Pendant ce temps les deux enfants remontent vers le Nord leur troupeau de chèvres noires et blanches.

Au Sud une autre famille de bédouin se dirige vers le puits. Il y a le père, la mère et les enfants, à vue d'œil il y en en a onze, un par an. La mère doit avoir vingt cinq ans. Ils portent des habits européens et touaregs. C'est incroyable comme façon de vivre. Ils resteront deux ou trois jours à un endroit tant que le troupeau aura assez pour manger et migreront ensuite vers une autre place et ainsi de suite. Ils ont tous des bonnes têtes, sourient et nous regardent le plus naturellement du monde. Ils dorment dehors et s'ils construisent des abris c'est plus pour leurs bêtes que pour eux.

Jean-Louis, Emmanuel et moi mobilisons les forces qui nous restent pour accompagner les chameliers au puits pendant que les autres entament déjà leur sieste réparatrice. Ils vont remplir les bidons et nous prendre une douche. J'enfile un maillot de bain et me couvre d'un paréo. Il ne manque plus que la mer, parce que du sable il y en a ! Nous traversons les deux cents mètres qui nous séparent du puits. Le sable est recouvert du crottin des chèvres qui sont venues boire. Le puits c'est un trou recouvert d'une tôle ondulée mobile. Le trou est entouré d'une dalle de béton sur laquelle Abdellahi, le plus costaud de l'équipe, campe ses deux pieds pour lancer le "seau", le faire bouger deux ou trois fois pour bien le remplir et le remonter enfin avec ses quelques dix litres d'eau. Les seaux remplissent l'abreuvoir et les bidons. Il y a trois ouvertures dans ce puits et la famille de bédouin prend celle qui est à côté de nous. Ils savent sans doute qu'il va y avoir un spectacle, parce qu'ils ont du en voir à ce puits. Allez, c'est parti, Abdellahi remplit après l'avoir vidé de son sable l'abreuvoir qui va nous servir de lavabo. Avec la dose métallique d'un demi-litre Jean-Louis et moi nous mouillons un peu. Mais, il y a mieux quand Abdellahi prend tout le seau et me le verse sur la tête. C'est frais, c'est mouillé, c'est super. Il y a des éclats de rire. Moi je ne vois rien, mais je suis sûre que j'aurais ri aussi. C'est ensuite le tour de Jean-Louis qui peut se "doucher" torse nu. Emmanuel se contentera de se rincer la tête. C'est vraiment bon. Comme un petit vent se lève, nous rentrons au campement avant nos chameliers. Deux jeunes, type Gino d'Echirolles, arrivent sur leur mobylette avec des bidons à remplir. On trouve vraiment de tout autour d'un puits.

De retour au campement, Michèle lit et ne regrette pas de ne pas avoir pris sa douche. Nous prenons chacun notre coin et faisons une bonne sieste en laissant nos affaires sécher à l'ombre du soleil. C'est encore meilleur que sur la plage du Boucanet en plein août. Dans notre campement, il y a des coquillages en quantité incroyable. Il est beaucoup moins méritoire de les ramasser là qu'en plein milieu des dunes. Il y en a partout, des complètes, des petites, des grandes.

À l'heure du thé, un bédouin vient tailler une bavette avec nos chameliers. Ils semblent se connaître depuis longtemps, mais je crois que dans le désert tout le monde se connaît depuis longtemps. Ils doivent parler de ce qu'ils ont vu, des cultures, de l'élevage, de la fête de Douz dans un mois. J'aimerai savoir de quoi ils parlent, mais je ne peux pas. Alors, là encore, on boit un thé en se faisant tout petit en écoutant, en regardant, en souriant.

Les nuages font doucement leur apparition, le vent se lève. La crainte d'une tempête de sable s'entend dans les conversations. Pas question de retourner prendre une douche. Jean-Louis fait une séance de kinésithérapie en plein air afin d'étirer les muscles de nos jambes et de nos mollets. Finalement c'était une belle journée !

Le repas arrive, sans que nous ayons fait quoi que ce soit. C'est le milieu du séjour, nous sommes au point le plus loin de notre point de départ et de retour. Une petite bouteille de Ménetou Salon va discrètement remplir nos gobelets, afin de ne pas froisser nos chameliers qui pratiquent leur religion et ne semblent pas être enclin à accepter la moindre goutte d'alcool.

De temps en temps, au milieu d'une marche, au campement avant le coucher du soleil, sans doute aussi le matin au lever du soleil, un chamelier prend un tapis de prière, s'écarte un peu et s'oriente vers l'Est. Il se met debout derrière son tapis, puis s'agenouille et dis quelques paroles que nous n'entendons pas. Ils sont tous les quatre pratiquants. Aux prières s'ajoutent parfois des ablutions, avec très peu d'eau parce que nous sommes quand même dans le désert. Mais il faut avouer que j'ai essayé de ne pas trop regarder nos amis dans ces moments là, par respect ou par pudeur. Ils avaient l'air très à l'aise dans leur foi et c'était assez séduisant.

Au milieu du repas, un météore nous offre un spectacle fabuleux. Face à nous, une traînée de lumière s'étale pendant de longues secondes. L'émerveillement est complet. Cela ressemble à une comète furtive. Il semble que ce soit une "tauride". Merci Monsieur le Ciel !

Chantal qui cherche à s'éloigner du feu afin de ne pas se brûler les yeux, s'assied sur un bidon et se retrouve instantanément les quatre fers en l'air. Elle ne sait plus qu'inventer pour nous faire rire !

Pas trop de chansons ce soir, nous sommes tous assez fatigués et avons envie de rejoindre notre chambre. La mienne sera, sur les conseils de Khalifa, installée derrière un buisson, avec une selle de dromadaire pour protéger ma tête du vent, qui va vite tomber dans la nuit.

Monique.

Sables rouges, novembre 2005

 

A suivre…

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Méharée en Tunisie

Novembre 2005 – Ksar Ghilane (suite)

dimanche 6 novembre

Belle nuit étoilée. Réveil au petit matin par les bavardages des chameliers qui ont fini leur petit déjeuner. Le campement est au dessus d'une couche d'humidité très épaisse. Il ne fait pas très froid la nuit, mais l'humidité est telle que tout est mouillé et comme mon sac de couchage n'aura pas le temps de sécher, il faudra que je pense à le sortir à midi. […]

Nous prenons le petit déjeuner en ordre dispersé, chacun à son rythme. Les ablutions et les sacs faits, c'est le départ.

Les jours se suivent et commencent à se ressembler. Nos nouveaux compagnons prennent progressivement conscience de cette répétition.

La marche reprend, les mouches s'accrochent à nos T Shirts, à nos chèches. Elles épargnent nos bras et nos têtes. Arrivent vite des vraies dunes, dans lesquelles il est plus difficile de marcher. Les ombres des dromadaires qui passent sur les crêtes sont un enchantement des yeux, la caravane est superbe. Nous marchons face au soleil, donc nous allons toujours vers l'Est, et Khalifa arrête souvent le convoi pour nous permettre de boire et aussi de nous reposer un peu. Cacahuètes, dattes, gâteaux ? Jean-Louis, Michèle et moi tentons de marcher pieds nus. C'est très agréable, car le sable est très fin, sans impureté. Mais il faut bien reconnaître que ce n'est pas facile de se passer de ses chaussures après plusieurs dizaines d'année de pratique. Alors nous les rechausserons plus loin. L'inconvénient avec les chaussures, c'est que le sable entre dedans, se loge dans les chaussettes qui finissent par comprimer le pied. Bon mais passons sur ces détails assez matériels. Y est pas beau ce qui est beau, y est beau ce qu'on aime. Et là moi j'aime !

Khalifa a du mal à trouver un endroit sympathique pour notre halte de mi-journée. Il repère un grand buisson qui peut donner de l'ombre à presque tout le groupe. Il aplanit la butte afin de rendre notre pause encore plus agréable. La fatigue commence à se faire sentir et nous ne lui offrons pas une aide très efficace. Le repas arrive très vite. Aujourd'hui c'est soupe de blé et grenades.

Forte de l'expérience de la veille et encore toute dans la fraîcheur de l'ombre que m'avait préparée Abdellahi, je repère un petit buisson bien opaque et accroche mon sac de couchage à ses branches. Je vais encore me faire une super petite sieste ! […]

On repart, la chaleur est accablante. Une bonne marche nous attend. Chantal a définitivement opté pour le dromadaire l'après midi. Nous marchons, chacun dans nos pensées et après les désormais traditionnels arrêts pendant lesquels Abdellahi donne à chacun sa gourde nous arrivons à notre campement vers cinq heures. Nous croisons de nombreuses chamelles qui restent en liberté dans les dunes. Elles sont toutes marquées (étiquette) et vont pour la plupart mettre bas dans un mois. L'une d'entre elles est accompagnée d'un jeune dromadaire. Un dromadaire mâle vaut un million de millime (millième de dinar), soit 600 € ou 4000 F. Lorsque les petits vont naître les chamelles vont être regroupées auprès de leur propriétaire afin d'éviter que les chacals fassent un festin des nouveaux nés. Les guides sont aussi des vétérinaires avertis. Le dromadaire de tête de Khalifa a le museau envahi de mouche toute la journée, ce qui lui vaut le nom de Dark Vador. Il est victime d'un mal que Khalifa et Mohamed soignent en introduisant de l'huile d'olive dans ses narines.

Arrivés à notre campement pour la nuit, Khalifa, qui nous propose des cacahuètes, des amandes et des pois chiches séchés, nous rappelle que nous pouvons aider Mohamed pour éplucher les légumes. C'est chose vite faite. Michèle, Chantal et moi épluchons quelques tomates, pomme de terre et oignons en prenant soin de mettre le moins se sable possible dans la gamelle. De son côté Mohamed prépare la viande en détachant de l'os des morceaux. Il faut profiter vite de la viande fraîche, car avec la chaleur de ce mois de novembre, nous n'en aurons que pendant trois jours. Après ce sera du mouton séché pendant l'été, qui se conserve pendant des mois. Emmanuel va rejoindre Moktar pour l'aider à pétrir le pain. Nous rejoignons assez tôt la table commune. On mange, on chante. […] Il est fréquent que lorsque nous sommes autour du feu, l'un ou l'autre des chameliers se lève, mette sa main sur son nez pour éviter la lumière des flammes et regarde au loin pour surveiller un de ses dromadaires. Ensuite il peut partir en marchant ou en courant suivant les cas, en donnant quelques ordres qu'à mon avis les dromadaires ne comprennent pas mieux que nous, si ce n'est que le ton est donné. La quiétude revient lorsque les dromadaires sont tous attachés à un buisson, pendant la courte nuit des chameliers.

 

Monique.

Sables rouges, novembre 2005

 

A suivre…

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Partir en février pour une méharée dans le Sahara avec des enfants de 8 et 9 ans, beaucoup dans notre famille ont dit que nous prenions des risques. Maintenant qu'ils ont vu les photos et écouté les enfants en parler, la plupart ont envie d'en faire autant.

Aujourd'hui, je dirai que c'est l'endroit idéal pour voir ses enfants jouer et grandir. Ils peuvent, en toute tranquillité, oser ou prendre des risques que la vie urbaine leur interdit. Comment décrire notre surprise quand nous avons été doublés par Thomas qui, sans rien demander à personne, était monté sur l'âne et chevauchait droit devant lui en chantant à tue-tête un air des... Noces de Figaro.

Sur 4, j'étais le seul à avoir déjà dormi sous la tente. L'acclimatation n'a posé de problème à personne. Le Sahara est un monde sauvage où tout se passe en douceur. Le sable amortit tout: les pas, les chutes, les bruits. Cette première prise de contact avec le désert s'est faite dans des conditions optimales. Un guide et deux chameliers nous ont accompagnés et entrouvert la porte du monde bédouin. Aujourd'hui encore, c'est un plaisir de se rappeler le pain du sable, la marche lente des dromadaires, les paysages si variés...

Nous ne sommes restés qu'une semaine. Nous avions l'impression d'être partis trois fois plus longtemps.

Personne n'a regretté d'avoir troqué une semaine de ski contre une semaine de désert. 

 

Sandrine et Henry

Entre gueltas et oasis , février 2006

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Dromadaire Nuggets et tente, par Etienne

 

VOYAGE DANS LE DESERT

 

 

 

Samedi matin : Nous sommes partis de l’hôtel Dar Zaida pour aller à Douz la où habite Christine.

 

Samedi après midi : Nous sommes allés chez Christine pour prendre un petit thé et pour aller chercher Roxie (son chien). Ensuite nous sommes allés avec les 4x4 dans le désert pour aller chercher les chameaux, et de 12h à 16h nous avons fait la sieste. Quand on allait partir, on a commencé à nous disputer pour les chameaux, Etienne et moi voulions prendre Nuggets, alors j’ai décidé de prendre Maurice, mais Guillaume voulait le prendre, et finalement j’ai pris Solstane, et nous sommes partis.

 

Samedi soir : Etienne, Guillaume, et moi avons ramassé du bois pour faire un feu. Les chameliers préparent le dîner et la galette (le pain). Mohamed(le guide) joue souvent au foot avec nous. Omere nous apprenait des tours et nous racontait des blagues. En suite nous avons dormi tous les 5 sous une tente.

Dimanche matin : Pour le petit déjeuner nous avons eu des galettes, du beurre, de la confiture, du thé à la menthe, du lait, et des oranges. Après Alie, Omere, Moamede( le chamelier), et Mohamed (le guide), ont préparé les chameaux, pour qu’on puisse monter dessus. Et puis nous sommes partis.

 

Dimanche après midi : De 12h à 16 nous avons fait la sieste. Quand on allait partir, on était fatigué, et on ne voulait pas partir, car on était bien à l’ombre. Et des qu’ils ont enlevé la tente, on était décidé à partir. Alors on est parti.

 

Dimanche soir : Etienne, Guillaume, et moi avons encore ramassé du bois pour faire un feu. Les chameliers ont préparé le dîner et la galette. Et Mohamed joue au foot avec nous. En suite nous avons dormi tous les 5 sous la tente, alors que je voulais dormir à la belle étoile.

 

Lundi matin : Comme toujours pour le petit déjeuner nous avons eu des galettes, du beurre, de la confiture, du thé à la mente, du lait, et des oranges. Et puis Alie, Omere, Moamede, et Alie, ont préparé les chameaux, pour qu’on puisse monter dessus. Et puis nous sommes partis.

 

Lundi après midi : Comme toujours, comme on est des flémards de 12h à 16h nous avons fait la sieste. A 16h les chameliers ont préparé les chameaux pour partir, pour Roxie c’était le signal de départ. Et puis nous sommes partis. Maman a dit qu’elle n’a jamais épluché autant d’oranges de sa vie.

 

 

VOYAGE EN TUNISIE  1

 

 

 

Lundi soir : Nous nous sommes baignés et avons mangé des frites pour le dîner à l’hôtel Touareg et nous y avons dormi également.

 

Mardi matin : Nous avons pris le petit déjeuner à l’hôtel, et fait un gros plouf dans la piscine. Ensuite avec Mohamed (notre chauffeur) nous sommes allés à un hôtel qui s’appelle l’hôtel Douiret, et au passage Maman a voulu visiter un village. Personne n’a été d’accord sauf Papa pour lui faire plaisir.

 

Mardi après midi : Nous sommes arrivés à un hôtel qui est sous de la roche, qui s’appelle l’hôtel. Le soir, nous avons grimpé en haut de la colline pour y voir un château démoli.                                                                                                                                                                                                     

Mardi soir : Nous avons dormi à l’hôtel, et c’était très confortable.

 

Mercredi matin : Nous avons eu pour le petit déjeuner du pain, du beurre, de la confiture, des yourtes, du thé, du chocolat chaud, et des gâteaux. 

 

Mercredi après midi : Nous avons loué un âne pour faire un circuit dans la montagne. Et à l’arrivée du circuit, c’est Mohamed, qui nous a raccompagné à l’hôtel.

 

Mercredi soir : Nous avons dormi à l’hôtel, et pendant la nuit il y a eu un gros orage.

 

Jeudi matin : En se reveillant, il faisait très froid, et tout le monde avait des blousons sauf nous. Ensuite, nous avons pris le petit déjeuner, et comme toujours nous avons eu, du pain, du beurre, de la confiture, des yourtes, du thé, du chocolat chaud, et des gâteaux. Ensuite Mohamed nous a conduit à HOUM SOUK, sur l’ile de Djerba, où nous avons visité le marché.  Etienne et moi avons été chez le coiffeur, et Papa s’est fait raser la barbe. Nous avons mangé du poisson.

 

Jeudi après midi : Nous sommes arrivés à l’hôtel Dar Salem.  nous nous sommes installés et nous avons fait plein de plongeons dans la piscine.

 

Jeudi soir : Nous avons mangé. Et le problème c’était que Guillaume était malade. Et après le dîner, nous sommes partis nous coucher.

 

 

 

VOYAGE EN TUNISIE  2

 

 

 

Vendredi matin : Pour le petit déjeuner nous avons eu, du pain, du beurre,de la confiture, des yourtes, du chocolat chaud, et du jus d’orange. Et après le petit déjeuner nous avons préparé les valises.

 

Vendredi après midi : Nous avons pris deux taxis qui nous ont conduits jusqu'à l’aéroport. Nous avons attendu environ 1 heure avant l’arrivée de notre avion en comptant son retard bien sur.

 

Vendredi soir : Nous nous sommes installés dans l’avion. Le problème c’était que tout le monde voulait être au hublot alors on s’est mis d’accord pour le décolage c’était moi qui serais au hublot, pendant le vol c’etait Guillaume, et à aterrissage c’était Etienne. 

 

CECI ETAIT UN RESUME DE NOTRE VOYAGE EN TUNISIE

 

La version de la maman :

  • " La première halte sous les palmiers : la veille on était à Paris, et là, on a chaud et soif. On s’arrête et ça fait du bien.

La tente dans le désert, la chaleur qui tombe avec le soir et le sable qui fraichit

Le sable si doux que l’on voudrait toujours marcher pieds nus (jusqu’au moment où on se blesse avec un bout de bois !)

La vie là où on ne l’attend pas : la caravane croise un berger très loin de l’oasis (enfin, d’après nous…), des chamelles, un oiseau s’envole d’un buisson au milieu d’un grand silence,…

La grande tranquillité des chameliers pour qui tout cela est habituel et simple.

La gentillesse de ces nomades, serviables mais pas serviles, car toujours fiers de ce qu’ils sont

La facilité avec laquelle les enfants s’adaptent (il fait 33°C, et ils mangent et boivent chaud, et de plus une nourriture à laquelle ils ne sont pas du tout habitués) et trouvent ce voyage « évident »

La partie de foot dans le désert : « il est trop fort Mohammed », nous disent encore les enfants.

Les oranges que j’ai pelées pour toute la famille : je n’ai jamais pelé et mangé autant d’oranges en une semaine."

Claire

Méharée et Séjour à Douiret, mai 2006

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  • "Le temps n'en finit plus...."

Aujourd'hui du vent du vent ...du vent qui chasse les idées noires .....qui lave le cerveau...

Nous commençons notre petit déjeuner par le succulent pain de Belgassem ...Quel délice!! Puis départ dans les dunes..... Nous marchons durant un long moment et puis c'est la pause ... Le temps s'arrête, et l'on se pose.. on s'endort là ou l'on est… Le temps s'arrête encore...

Au cours du séjour, certaines réflexions de notre groupe nous ont fait sourire, en voici quelques une :

   "  Y a quand même beaucoup de sable....".Bruno en regardant les dunes.....

   "On va pas se quitter comme ça !!! " Rémy lorsqu' il évoque la séparation avec les chameliers  

   "Demain greffes de pieds de dromadaire pour Fabienne!!" 

   Et pour finir "Dans le désert, si tu as peur de la réponse, évite de poser la question...."   

Laurie, Fabienne, Tristan, Bruno, Rémy, Armelle   

Chotts du Nefzaoua, mai 2006

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                                                  Louise

 

Trouvé sur le net :

"Il n'y a pas de traversée du désert... juste un chemin entre deux oasis."

Thierry

                                              

Entre sables et montagnes, avril 2006

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Le temps qui s'arrête pour nous permettre de contempler les paysages, de partager les histoires racontées, de boire un thé rouge (très fort!!) au coin d'une ruelle déserte; la joie de regarder les enfants (les nôtres et ceux du village) partager une partie de cache-cache derrière les palmiers et les maisons ou une partie de billes jusqu'à la nuit; l'authenticité d'emprunter une piste, là, à droite, pendant quelques kilomètres et de se faire accueillir sous une tente nomade pour savourer le pain cuit dans le sable et une tasse de lait de chèvre sorti de l'outre; la surprise d'un orage aux portes du désert de sable; la déception de ne finalement pas pouvoir passer la nuit sous la tente à cause du vent; la traversée d'un oued au cours de notre parcours sur la piste; les achats au marché où nous sommes les seuls promeneurs européens; sans parler de la gentillesse, de la disponibilité, de la générosité, de l'accueil de toutes les personnes rencontrées...

Une semaine qui fait du bien.... on en redemande...

Les enfants sont aussi revenus enchantés, les photos faites avec leurs copains tunisiens sont prêtes à partir avec le petit mot qu'ils leur ont écrit et ils parlent souvent de ce qu'ils ont fait et vécu pendant cette semaine.

 

Nathalie et Emmanuel

 

 

J'ai beaucoup aimé faire du dromadaire et j'avais très chaud. J'ai bien mangé mais des fois, ça piquait.

Margaux Leroy, 6 ans

 

J'ai passé une super soirée à Toujene, j'ai essayé un costume berbère et je me suis fait une amie (Nadia).

Mais le reste était génial aussi.

Elise Leroy, bientôt 12 ans

 

C'était super ! J'ai trouvé super de traverser les montagnes et de dormir dans des chambres creusées dans la roche.

Je me suis fait des copains ( assim et assam )

Thibault Leroy, 10 ans

 

CIRCUIT Des sables aux montagnes…, Mrazigs, bédouins et berbères, Avril 2006

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Méharée en Tunisie

Novembre 2005 – Ksar Ghilane (suite)

 

samedi 5 novembre

Pour ma part j'ai décidé de dormir en dehors de la tente pour profiter des étoiles. La lune est toute petite et disparaît très vite dans la nuit. […]Sous la tente chacun a pris sa place.

 

[…]Réveillés vers six heures et demie par l'agitation des chameaux, pardon des dromadaires, les chameaux sont en Asie ! Réveillés donc par l'agitation des dromadaires et par les voix des chameliers qui s'affairent dès le petit matin à préparer le petit déjeuner et les cameli dromedarii (nom latin du dromadaire), nous retrouvons avec bonheur les œufs durs, la boîte de fromage président qui a remplacé le riki de notre dernière expédition et qui a un goût de vache-qui-rit, la confiture de figue, le beurre en portion individuelle, le thé, le café et surtout le pain frais pétri et cuit dans la braise et le sable par Moktar.

 

[…]De retour du puits, c'est le premier chargement des dromadaires, il faut rajouter aux bâts de la veille nos sacs. Finalement, après avoir tout récupéré et brûlé les détritus du jour, la caravane se met en marche vers l'Est. Une petite marche de trois quart d'heure et une pause où Khalifa sort des gâteaux au miel et à l'huile ! Un délice pour ceux qui aiment. Encore une petite marche pendant une petite heure. Les chameliers scrutent le sol pour y trouver des coquillages ou des morceaux de silex. La cueillette n'est pas du tout mauvaise, mais il est interdit de les ramasser, il faut les laisser dans le désert !... C'est sous un soleil de plomb que nous nous arrêtons pour déjeuner. Il fait très chaud.

 

Abdellahi met des couvertures et la "nappe bleue" sur un buisson, qui doit être un gros "Arelechem" par ailleurs fort apprécié des dromadaires, avec l'aide de quelques piquets de la tente berbère, il concocte un espace à l'ombre pour notre groupe. Il prend un bâton et quelques couvertures pour construire entre deux bidons un autre abri de fortune qui me fera une ombre épaisse et salutaire pour la sieste que j'envisage de faire. Khalifa apporte des pois chiches séchés pour l'"apéritif". C'est bon, un peu farineux peut-être.

 

Le repas est vite prêt. Mohamed a fait une petite soupe de pâtes et de viandes. Toujours aussi goûteuse. Les grenades en dessert me ramènent bien des années en arrière, mais celles là n'ont ni sucre, ni vin dans leur préparation. Après ce succulent repas, le thé et la sieste.

 

Je pars très vite dans un sommeil réparateur. Les mouches viennent chercher à la commissure de mes lèvres une nourriture que je ne voudrais pas leur donner. En novembre dans le désert, il n'y a pas de mouches. Mais cette année, novembre est très chaud, ce n'est pas normal, mais c'est comme ça et les mouches n'ont pas encore été décimées par le froid. Elles sont toujours là ! Pour elles, un humain est à la fois un moyen de transport, un restaurant, un lieu de repos … bref elles nous adorent.

 

[…]Khalifa remet la caravane en marche pour une heure et demie. Chantal monte pour la première fois sur un dromadaire, Mohamed est son cornac. Les paysages changent déjà. Les grandes dunes apparaissent en face de nous. Nous nous arrêtons pour la nuit au pied de l'une d'elle dans un des endroits qui sera peut-être le plus beau du voyage. La tente est installée dos aux dunes, face à un plateau en contrebas, toujours orientée vers l'Est. Je ne sais pas si c'est pour offrir aux touristes la vue du soleil levant ou si parce que le vent dominant vient de l'Ouest. Je me choisis une place, à côté de la tente et prépare ma chambre.

 

Emmanuel nous propose une séance de Yoga.[…]Quelques étirements viennent parachever la séance qui se déroule entre un extraordinaire et flamboyant coucher de soleil par-dessus les dunes et l'apparition d'un fin croissant de lune qui semble servir de berceau à l'étoile du berger. Khalifa s'étonne encore des pratiques étranges de ces touristes qu'ils mènent dans le désert. Il sourit et s'impatiente aussi sans doute de ne pas nous voir venir à table pour pouvoir vite aller se coucher et récupérer de sa folle traversée après l'Aïd ! Le froid a raison de notre bien être et la séance se termine plus vite que prévue.

 

Finalement nous arrivons tous à table et prenons chacun une place sur la nappe bleue. Frontale à portée de main, gourde bien remplie, nous recevons des mains de Khalifa l'assiette jaune remplie de la familière soupe. Chantal commence à manger. Elle est la première a constaté que la soupe est immangeable. Mohamed a eu la main lourde sur la harissa, voire même il en a mis deux fois. Khalifa, Moktar, Abdellahi et Mohamed goûtent à leur tour la soupe et sans comprendre l'arabe on voit bien qu'ils la trouvent aussi très relevée, si ce n'est à leur goût, du moins à ce qu'ils connaissent du nôtre. Bref, à force de rajout d'eau, de pain et de bonne volonté nous avalons la soupe et charrions à loisir Mohamed, à qui une nuit de sommeil ne fera pas de mal non plus ! Le ragoût d'agneau est relevé mais tout à fait bon. Sacré Mohamed ! Les dattes ne sont pas pimentées, elles sont les bienvenues.

 

Autour du feu, c'est en quelque sorte notre première veillée. Il est déjà sept heures et demie ! Abdellahi prend sa "gasba" et Moktar l'accompagne de la voix et du bidon. Après quelques airs que je qualifierais de locaux, assez semblables les uns des autres, en tous les cas très en harmonie avec le décor, Abdellahi souhaite que je joue de la gasba. Il s'agit d'un tube métallique, avec sept trous, sans bec ni pavillon. Souffler dedans ne suffit pas à en faire sortir un son, il faut chanter en même temps et, ce qui est encore plus dur, respirer. Abdellahi ne reprend jamais sa respiration quand il joue, ses abdominaux bougent beaucoup, sans que le son n'est à souffrir d'une quelconque discontinuité. De notre côté nous chantons en cœur quelques chansons. Les copains d'abord et San Francisco font leur office. Mais cela ne satisfait pas Moktar. Il attendra la prochaine veillée pour nous demander des chants qui conviennent mieux à ses goûts.

 

Bonne nuit tout le monde. Tasbahlakher !

 

Monique.

Sables rouges, novembre 2005

 

A suivre…

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De la nuit dans le désert à la magie de l'aube

 

Au bivouac, autour du feu, la Nuit prend ses droits, fraîchit les hommes, fraîchit le sable.

Quand chacun aura plongé dans son duvet, éteint sa lampe, commence alors, le grand silence SIDERAL. Des étoiles filent et nous regardent nous endormir. Ces soirs-là, j'écoutais le silence…

 

Et puis, la magie de l'Aube, une autre laiteuse, laiteuse de froid, de couleurs, du silence à peine troublé par les craquements du bois dans le feu ; un feu rallumé par Khalifa, un feu plein des lenteurs du geste ancestral de ces hommes du désert sortis comme des rois mages des sables de la nuit. Nous avions dormi à même le sable et pourtant, il en avait des étoiles notre hôtel, des milliers d'étoiles. Avec l'ami Jacques toujours réveillé très tôt, enveloppés dans nos burnous, nous serrions dans nos mains et dans nos yeux notre premier quart de thé brûlant. Ce dont je suis sûr, c'est que nous nous parlions en "silence", sans dire un mot.

C'est peut-être ça mon DESERT : "une grosse pincée de sable, des poussières d'étoiles, les murmures du silence et… beaucoup de partage !!!

 

Jacques.

Les grands sables, novembre 2005

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1er RDV avec le Désert : Le 25 octobre 2002 Les grands sables***

Vendredi 25 octobre 2002 – 14H45 Tozeur

Le 4x4 traverse le Chott el Jerid (*) et nous emmène là-bas au bout de la piste, au pied des dunes, où nous attendent nos chameliers.

Tout bascule. Du sable, un océan de sable, un coucher de soleil sur un paysage à vous couper le souffle ; quelques chameaux, un feu, une simple marmite, une théière dans la cendre … et ces personnages semblant venus d’ailleurs, sortis de la nuit des temps, au regard  profond comme ce désert : Mohamed, Ahli, Médani rois mages peut-être, princes sûrement !

« Pour moi c’est Noël ».

Merci Jo et Paulette de m’avoir suivi dans cette aventure. J’aimerais que nous y retournions. Je m’endors sur ma dune le cœur dans les étoiles, une pensée pour mes enfants … et …

Il y a quelques heures nous étions à Orly … Joseph ronfle déjà …

(*) chott = « lac salé »

 

Jacques.

Les grands sables, octobre 2002

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***Anniversaire dans le désert.***

 

   Vous le saviez, vous, qu’aujourd’hui 14 février, jour de la Saint Valentin, est aussi l’anniversaire de Guy ?

Bien que travaillant avec lui, nous l’ignorions et comme c’est un ami discret, beaucoup plus soucieux d’autrui que de lui-même, nous ne pouvions attendre de lui cette confidence. Heureusement son épouse Marie-Annick a chuchoté la nouvelle à Christine dans un sourire. Aussitôt l’information s’est répandue dans le petit groupe, semant l’excitation et le trouble. C’est que nous avons beau scruter les dunes, point de traiteur en vue ; de caviste, pas davantage ; de boutique cadeaux, moins encore… Qu’à cela ne tienne, abandonnons nos vieux réflexes de consommateurs et faisons preuve d’imagination ! D’ailleurs nous avons la journée pour nous préparer en cachette à l’événement que nos fêterons ce soir.

    A la pause de midi, à l’heure où  Hamed plante son bâton dans le sable et tend son burnous dessus pour somnoler à l’abri du soleil, François emprunte sa flûte et s’éloigne pour répéter. C’est qu’il n’a pas touché cet instrument depuis son adolescence, nous confiera-t-il un peu plus tard. Yvon, adossé au bât d’un chameau, sort ses pinceaux, son carnet et compose une aquarelle inspirée tout naturellement du décor environnant. Non loin de là, je recopie et retouche un petit texte ruminé en marchant. Alhamdoulilah, Guy, lui, ne se doute de rien.

Yalla nemchou, debout, on repart.

En fin d’après-midi, le campement s’organise pour la nuit. Guy et Marie-Annick installent leurs bagages sous la tente bédouine. Pendant ce temps, Mabrouk prépare deux foyers de braises, l’un pour le pain habituel, l’autre pour un gâteau fourré aux dattes. D’ailleurs Christine et François ont déjà rassemblé les ingrédients… avec quelques doutes joyeux sur les proportions. Juste le temps de penser à la voix de Nougaro : « Rien n’est plus beau que les mains d’une femme dans la farine… », que déjà la pâte modelée en forme de croissant de lune cuit doucement sous le sable, laissant échapper des jets de vapeur creusant de minuscules cratères. Non loin de là, Abdallah et Hamed se déchaînent dans la préparation du couscous. Et vous nous en direz des nouvelles !

   Le moment est arrivé. Assis tous en rond autour du feu, nous allons tendre nos assiettes, lorsque François entame à la flûte le traditionnel « Joyeux anniversaire » que nous reprenons en chœur. Surprise amusée de Guy. Mais qui a pu vendre la mèche ? Devine…

Abdallah offre une boîte de dattes de la part des chameliers. Je récite le petit texte qui accompagnera l’aquarelle et nous nous délectons du couscous. Le gâteau surprise surmonté d’une bougie-brindille enflammée fait son apparition sous les « oh ! » et les « ah ! ». Par chance, Guy n’avait pas soupçonné le foyer supplémentaire. Décidément Allah a protégé nos ruses. Après le repas, Mabrouk, Hamed et Abdallah lui dédient leurs chants accompagnés du tambour et de la flûte. Guy enregistre et leur fait écouter leurs voix.

   Mais, tandis que la nuit devient plus profonde, à quoi songe-t-il, assis près de Marie-Annick, en regardant les courtes flammes danser sur les bûches incandescentes ? Il songe peut-être qu’en France leurs trois grands enfants marchent eux aussi d’un pas ferme et droit. Il songe peut-être que ses frères et sœurs entourent ses parents âgés pendant ces deux semaines d’absence. Il songe peut-être aussi  que, pour une fois, il n’a pas la responsabilité d’un voyage et qu’il a le droit d’être détendu, lui qui organise des séjours linguistiques et culturels lointains, très attendus des adolescents dont il a la charge. Peut-être enfin songe-t-il que Marie-Annick est à ses côtés en ce jour doublement important et partage la réalisation de ce vieux rêve du désert : en effet, voilà longtemps, jeune coopérant célibataire, il avait failli se rendre dans le grand sud algérien, mais le projet n’avait pu aboutir, bien malgré lui. Il lui en était resté un bleu à l’âme, un manque, un désir d’abord latent, puis prégnant et de plus en plus exigeant jusqu’à cet accomplissement qui lui faisait savourer chaque journée et chaque heure depuis le départ de la méharée.

   Aïd miled, bon anniversaire, Guy. Les deux mots ont cette année une résonance, une plénitude particulières. Tu souris en regardant les flammes et nous sourions aussi à te regarder.

                                                                                                                         Evelyne.

De Ain Essbat à El Borma, février 2004

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Méharée en Tunisie

Novembre 2005 – Ksar Ghilane

 

jeudi 3 novembre

Jeudi 3 novembre, premier jour de Shawal dixième mois de l'année 1426 de l'Hégire. À Douz, aux portes du désert, comme partout ailleurs dans le monde musulman c'est la fête de l'Aïd al Fitr à l'occasion de la rupture du jeûne, la fin du neuvième mois, Ramadan.

Khalifa est sans doute tendu ce matin d'Aïd, car il doit en plus des festivités auxquelles il veut participer, préparer la méharée qui va partir dans l'après midi pour dix jours et rejoindre Ksar Ghilane, à 120 km de Douz, vendredi soir.

Il suit probablement le rituel de l'Aïd, se baigner, se nettoyer les dents avec un araak, qui est une tige de bois ou, pour céder au modernisme, avec une brosse à dents. Il met sans doute aussi ses plus beaux vêtements, se parfume. Après quelques douceurs et quelques dattes, il va certainement à la mosquée pour la prière et échange en chemin de nombreux "ta'atakum de taqabbalallah " (Dieu peut recevoir vos voeux) et quelques "Aïd Mubarak" (Aïd béni), tout en essayant de ne rien oublier dans son chargement : tente berbère, vivres pour dix jours, eau, sangles, trousse de pharmacie, outillages, couvertures, draps, matelas, vêtements, … Faute de temps pour tout bien vérifier, il ne va oublier qu'une bâche en plastic pour se protéger la nuit de la pluie.

Partagé entre l'envie de rejoindre le désert et de faire la fête, Khalifa finit par prendre la route avec les compagnons qu'il a choisis pour cette expédition. Mohamed et ses trois dromadaires l'accompagnent depuis dix ans à chacune de ses sorties, Moktar et ses deux dromadaires sont souvent venus avec eux dans les dunes et enfin Abdellahi qui fera pour la première fois partie de son équipe, bien qu'il soit son voisin de pallier depuis toujours. Abdellahi a deux dromadaires, qu'il a baptisés Camélou et Ali.

La caravane se lance sur les pistes, dix dromadaires, quatre hommes pour un jour et demi de marche sans arrêt afin d'arriver à temps à Ksar Ghilane de l'autre côté du désert à l'Est.

 

vendredi 4 novembre

Pendant ce temps là, à quelques milliers de kilomètres, Michèle, Jean-Louis et moi d'un côté et Chantal de l'autre bouclons notre sac de voyages, fermons la porte à clé et nous dirigeons vers Orly Sud pour prendre le vol de Tunisair vers l'île de Djerba. Accompagnés par nos proches, nous entamons l'agréable voyage dont nous avons rêvé depuis plusieurs mois.

À notre arrivée à Djerba, après s'être retrouvés dans un avion presque vide et un vol qui nous a fait voir successivement la Sardaigne, la Sicile et les côtes tunisiennes, nous retrouvons nos bagages, Angélique et Emmanuel, Christine et Ali. Les retrouvailles pour les uns, les présentations pour les autres et la chaleur de Djerba donnent à cet instant le caractère joyeux et détendu de tout le voyage. [...]

Nous sortons de Djerba par le bac qui relie l'île à la terre. La mer est calme, bleue. La route vers Ksar Ghilane traverse des montagnes sillonnées d'oueds asséchés. Médenine, Tataouine, Chenini, 210 km, 4 heures de route et de pistes. Un arrêt nulle part dans le monde nous permet de partager un thé à la menthe. D'autres arrêts suivront pour venir en aide à un camion ensablé sur la piste ou pour prendre des nouvelles d'un 4x4 qui a fait un tonneau.

La nuit tombe. Le 4x4 traverse enfin la rue principale de Ksar Ghilane où se promènent des touristes en maillot, sandales chaussettes. Ils sortent des sources chaudes, qui attendront notre retour ! Ali cherche à retrouver dans la nuit le campement installé par Khalifa. Les indications sont claires, au pied du fort, à côté du puits. Mais dans la nuit, pas facile de retrouver quatre hommes et dix dromadaires. C'est encore le début du mois lunaire et la luminosité n'est pas forte. Après des minutes interminables de montagnes russes dans le 4x4, Ali finit par trouver notre campement. Ils sont là, en fait depuis peu de temps eux aussi. Ils n'ont presque pas dormi pendant ces deux derniers jours, pour pouvoir fêter l'Aïd et arriver à l'heure au rendez vous.

La tente est montée, le repas est prêt, la table est mise. [...]

 

Monique.

Sables rouges, novembre 2005

A suivre…

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Gildas.

Les grands sables,  novembre 2005

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Emmanuel.

Sables rouges,  novembre 2005

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Grant et moi sommes rentrés depuis bientôt deux semaines et nous sommes tous les deux remplis d'une espèce de tristesse et de joie. Tristesse puisque le voyage fait partie du passé. Joie car nous avons eu la chance de le vivre et il revit en le racontant à nos amis.

J'aimerais faire part de quelques moments particuliers. Lors de notre première nuit dans le désert, Mahloud et Boubaker ont chacun pris leur flûte et joué quelques morceaux. Grant et moi les avons écoutés avec respect. Nous avons vite été transportés, en pensée du moins, à de multiples concerts auxquels nous avons assistés des coulisses. De derrière le rideau, nous pouvions voir l'infinité du désert, du sable et des étoiles. C'est la plus belle salle que nous ayions vue...

 

 

La deuxième nuit, après le repas, Boubaker nous a raconté une histoire: "La Fille du Bey". Nous nous sommes sentis transportés dans le Pays des Mille et Une Nuits. Ce sont deux moments que nous n'oublierons jamais.

Annick et Grant.

Parcours nomade,  novembre 2005

Boubaker et son chameau

ciel du soir

 

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Oui, j'ai encore la tête pleine de désert, de calme, d'étoiles, et cet espèce d'apaisement qui résiste, (pour combien de temps encore ?) à l'agitation alentour. C'est vraiment en quittant le désert que l'on prend la vraie mesure de ce qu'il nous a apporté, de ce que l'on a accueilli au plus profond de soi, de cet "essentiel" qui nous fait prendre tellement de distance, à notre retour, avec l'inutile.

Comme quelque chose déjà inscrit au fond de soi avec lequel on se reconnecte.

Je me sens comme bercée à nouveau, rien que de l'évoquer, par cet étrange impression, ce sentiment d'être comblée, d'être "remplie", peut-être d'exister plus fort..

Alors forcément, il y en aura d'autres....

OUI, tout s'est très bien passé, je suis ravie de cette nouvelle expérience, différente de la précédente mais tellement riche aussi. J'ai eu raison de ne pas m'inquiéter à l'avance du groupe, on s'est très bien entendu et avons partagé d'excellents moments.

Les paysages étaient très beaux. Toutefois, C. et moi pensions être immergées beaucoup plus vite dans de vraies belles dunes (tu sais, celles qui nous font monter l'émotion au bord des yeux). C'est la seule frustration de la semaine, qui n'a néanmoins pas gâché le séjour pour autant.

Quant au guide et aux chameliers, trois personnalités différentes mais trois coeurs d'or. Salem est la gentillesse et la pureté incarnées et qu'est-ce qu'il nous a fait rire aussi. Massoud est d'humeur toujours égale, toujours très posé, très disponible, très attentif, je trouve qu'il a beaucoup donné le rythme qui "nous posait". Quant à Belgacem, au tempérament affirmé, il veille à tout et gare si on ne respecte pas la règle annoncée ! Le soir les veillées étaient délicieuses, les chants magnifiques et même J.P. nous a ravi les oreilles. On s'est vraiment régalé à chaque repas, seule L. avait du mal à manger à cause de la chaleur qui lui coupait l'appétit. Moi, ni la chaleur ni le froid ne m'ôtent ce plaisir de partager un bon repas...

Noëlle.

Piste oubliée, mai 2005

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« Hôtel des mille étoiles » .

  Bientôt dix-sept heures. Le soleil décline doucement et les ombres s’allongent en serpentant dans les dunes. Parvenue dans une cuvette, la caravane quitte la file indienne et s’alanguit, s’étale. Les dromadaires avancent maintenant de front tandis que les chameliers s’interpellent et se concertent. La journée de marche s’achève : nous ferons halte bien à l’abri du vent au bas d’un monticule d’arbres secs et enchevêtrés. Devant nous, Ali creuse le sable du bout de son bâton et nous souhaite « Bienvenue à l’hôtel des mille étoiles ».

  En quelques instants les hôtes d’un soir récupèrent leurs bagages à la réception et se dirigent vers l’une des multiples chambres disponibles. Les uns choisissent une touffe de sbot ou de genêt ou encore l’abri d’un dôme de sable coiffé de troncs nains calcinés par le soleil et le vent. Les autres préfèrent le dortoir sous la lourde tente bédouine ouverte plein sud.

  Que faire une fois la provision de bois assurée ? Un point GPS, une courte sieste, une brève lecture?…Certes, mais aussi un brin de toilette avec lingettes à volonté, dans l’une des multiples salles de bains  à l’écart, auxquelles on  accède en grimpant. Au retour, frais et dispos, on rejoindra la cuisine où les mains s’affairent à couper les légumes en « pitits-pitits » morceaux sur la recommandation du chef, Hamed. Tandis que la soupe mijote et parfume l’air, assis en demi-cercle sur les canapés laineux du salon, on prendra une boisson chaude en passant en revue les menus événements de la journée. A la nuit tombante, il suffira de s’asseoir en tailleur ou sur ses talons pour être dans la salle à manger, autour du foyer dispensant chaleur et éclairage. Bichfe, bon appétit. Pour aider au service, il est d’usage que les convives, le repas achevé, plongent eux-mêmes leur couvert dans le sable-lave-vaisselle. On apprend vite !

  Quel sera le programme de la soirée à l’ « Hôtel des mille étoiles » ? Eh bien, concert de musique et chants traditionnnels offert par l’orchestre des chameliers-musiciens. Acoustique parfaite et triomphe à chaque prestation. Ensuite.. ? Direction l’observatoire, mais lever les yeux suffira et la pollution lumineuse n’est pas à redouter. Depuis longtemps les constellations se sont mises en place pour leurs figures imposées. Comment s’appelle celle-ci ? Ce sont les jumeaux Castor et Pollux. Et celle-là ? Le superbe chasseur Orion, ses chiens Sirius et Procyon sur les talons, ajustant son arc en direction du Taureau. Et là, cette tache blanchâtre ? Le minuscule chariot formé par les Pléiades, toute une famille réunie au ciel par un Jupiter compatissant. Mais les paupières se font lourdes, les hôtes dissimulent un bâillement. Dans quelques minutes ils seront dans les bras de Morphée, ignorant que leur sommeil sera veillé par une faune curieuse, légère et muette dont ne subsisteront que les empreintes brodant le sable.

  Au matin, chacun bouclera son bagage pour une nouvelle étape et yallah nemchou ! Gerboises et souris des sables, minuscules soubrettes affairées, nettoieront les miettes abandonnées et le vent passera un large coup de balai tandis que s’éteindront les lueurs du foyer. Après cet accueil offert à ses clients, des privilégiés, l’hôtel, chaque jour renouvelé, retrouvera sa quiétude. Saheb marhba outil mel nejmat ! Ami, bienvenue à l’hôtel des mille étoiles.

Evelyne.

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J'ai eu beaucoup de mal à atterrir, le retour dans la civilisation est terrible ! Le temps me manque pour faire un vrai résumé de tout ce que j'ai ressenti mais si je dois garder un seul mot je choisirai le terme : fabuleux !

J'ai tout simplement été époustouflée par le désert et tout ce qui s'en dégage. La réalité transcende l'imaginaire et va au delà des rêves les plus fous. Et la prise de conscience que l'on n'est pas en train de rêver est particulièrement troublante.
Aller loin, très loin dans le ressenti et le vécu laisse une empreinte indélébile !
J'espère que l'effet restera longtemps, très longtemps !

J'avais juste un vieux rêve qui traînait dans un coin de ma tête...
Puis un jour une envie folle de désert m'a prise là, au creux de l'estomac, et je n'ai eu de cesse que lorsque mon billet a été pris.

Je ne savais pas ce que j'allais chercher ni pourquoi, mais je sais bien ce que j'y ai trouvé en tout cas !! Et ça ne me lâche plus !

Mon premier émerveillement fut ma première nuit à la belle étoile... Pourquoi mettre cette expression au singulier c'est injuste pour les milliards de belles étoiles !!!!
Impossible de dormir devant un tel spectacle ! J'ai passé les 2 premières nuits complètement blanches et la sieste n'est pas venue non plus tellement j'ouvrais de grands yeux et que mon corps tout entier était en éveil !
Les nuits sont merveilleuses dans le désert, j'ai vu 14 étoiles filantes ! On a eu la chance d'avoir un dernier quartier de lune puis nuit noire !!!
Le ciel m'a happée, comme nulle part ailleurs !

Et que dire des levers et couchers de soleil.... !

Les feux de camps du matin et du soir, les excellents repas faits de rien, la sérénité de Massoud et son incessant sourire et la gentillesse de Salem, les veillées, les chants bédouins, les voix d'hommes, les animaux que Massoud se faisait une joie de débusquer et de nous montrer, leur traces sur le sable. Ah le sable, douceur sublime sous les pieds, tellement doux que l'envie était irrésistible de rouler dedans du haut des dunes, de plonger dans ses particules de soie, de le caresser et le faire glisser entre ses doigts. Le thé excellent et le pain...ah le pain !

Bref j'en suis revenue enchantée et charmée... !
Régulièrement les gens qui me rencontrent me disent encore que j'ai des étoiles dans les yeux... c'est sûrement de les avoir tant regardé la nuit !


Corine.

Piste oubliée, mai 2005

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Yves-Michel

Tembain, montagne sacrée, avril 2005

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Le retour du chameau prodigue.

Cette année, notre périple doit nous mener d’El Borma à Borj el Quadra. Nous avons un guide, Ali, et quatre chameliers. Ahmed et Khalifa viennent de Douz, Brahim et Midani de Sabria. Pour nous ils ont fait équipe, pour nous ils ont marché douze jours avant d’atteindre le point de rendez-vous où le 4x4 de Tahar et Christine nous a déposés. Et yallah nemchou, en avant ; elle marche la caravane, composée de dix bipèdes légers comme l’air et de neuf quadrupèdes chargés de l’intendance.


Au matin du troisième jour, le campement s’éveille dans la fraîcheur de l’aube. Le soleil, blanc à l’horizon, a du mal à percer une épaisse couche nuageuse. Il fait bon autour du feu, près du pain qui fume encore. François, qui se lève tôt, nous rapporte alors la scène suivante, dont il a été témoin quelques minutes auparavant.


Dès leur réveil, comme à l’accoutumée, les quatre chameliers se sont préoccupés de leurs dromadaires, piquetés de près dans cette zone militaire et frontalière. Ceux-ci, baraqués, ruminaient paisiblement. Mais c’est bizarre…On dirait…Comptons.
- Tu trouves combien, Brahim ?
- Dix, par Allah !
- Mais oui, moi aussi…Il y en a un de trop, qu’est-ce que c’est que ce petit blanc ?


Aussitôt, les quatre chameliers entourent l’inconnu, baraqué contre un chameau de Midani, mâchant sereinement des herbes sèches. Très vite, ils nouent plusieurs cordes, improvisant une longe, se placent en carré qu’ils resserrent et l’intrus, qui s’est levé d’inquiétude, se retrouve en un clin d’oeil étroitement ficelé. C’est un jeune mâle, il porte la marque des Mrazigs, complétée de la marque de Sabria, et de celle de son propriétaire. Midani et Brahim ont déjà compris : c’est le chameau de six ans qu’un de leurs voisins a perdu dans le désert il y a six mois.


Nous a-t-il vus passer, du haut d’une dune ? Le vent lui a-t-il porté le bruit et l’odeur de notre caravane ? Depuis quand s’est-il installé à la faveur de la nuit ?… Il paraît en pleine forme et tout heureux de mettre fin à son ermitage involontaire. Il croise nos yeux ébahis avec un air désinvolte, ironique, je dirais même condescendant. Air qu’il affichera tout au long du parcours.


Depuis, le jeune chameau nous suit d’un pas allègre, inséparable du chameau de Midani qu’il a choisi comme copain. Exempté de charge, car sans bât, il savoure sa semi-liberté et, comme on le sait, quand il y a de l’avoine pour neuf, il y en a pour dix.


Nous sommes maintenant à mi-parcours, Tahar vient de nous rattraper pour un ravitaillement et pour déposer Béatrice qui va effectuer la seconde partie du périple avec nous. Le 4x4 va donc emporter la bonne nouvelle à Sabria.


Gageons que le soir du retour de la petite troupe, l’heureux propriétaire viendra à sa rencontre. On aura tué l’agneau gras. Un peu plus tard, le couscous mijotera sur le trépied. Ce sera fête sous les étoiles, avec chansons, flûte et tambourin. Les dromadaires, curieux et gourmands, tendront alors leurs cous et blatèreront en chœur à l’oreille de Brahim et Midani : « Eh…psitt…on reprendrait bien une ration de pulpe d’olive. Après tout, c’est pas tous les jours qu’on vous ramène un pote, perdu à trois cents kilomètres. »

Evelyne.


Caravane saharienne, Février 2005

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Une première journée dans le désert

Ah ! toujours un peu dans le désert, oui.... je pense qu'une partie de moi y restera toujours alors qu'une autre n'y retournera que de temps en temps.

Senti tellement bien, naturel, si loin de toute question existentielle et si proche de toutes réponses ; sage et heureux.

Dans le sable ; cette finesse même que tu respires, manges et bois sans t'en rendre compte, cette soie qui te caresse ou te ponce selon l'humeur du vent.

Après le ravitaillement au souk et une journée de pistes en 4x4 juste ponctuée de contrôles militaires, un homme sur le bord du chemin dans le sable et le vent ; c est un de nos chameliers qui nous attend.

C'est une quasi tempête de sable qui nous accueille ; horizon bouché à 50m, tu apprends vite fait à te protéger la tête avec le chèche. Tous planqués sous la grande tente nomade, je reste avec les chameliers qui préparent le couscous et le thé. Les conditions sont difficiles, le vent assez violent nous enfouis perpétuellement dans le sable, qui s'infiltre absolument partout. (j'en ai toujours dans mes ourlets.) Je commence à me demander où je suis. J'AIME le vent, sincèrement, j'en suis fou. Mais le sable semble dur à supporter si les conditions persistent.

Tu t'attends à ce que le repas croque sous la dent, mais non, les grains sont trop fins !

Enfin avec la nuit le vent tombe. D'un coup. Tous soupirent autour du feu, chaleur et lumière. Un autre thé, quelques dattes et sortie du bendir, percussion d'un demi-mètre de diamètre avec 3 fils métalliques tendus sous la peau, sur le principe d'une caisse claire. S'élèvent alors d'étranges mélopées aux rythmes tertiaires, complexes et subtilement variés. Les chants sont suaves, mélancoliques ou joyeux, emplis de foi ou d'amour. Les yeux brillent, la peau le feu les voix les étoiles les coeurs vibrent à l'unisson ; il fait bon vivre.

Je me couche comblé, mais je n'ai rien vu.

Au réveil j'ai les sourcils circonflexes, la bouche ouverte et 2 billes à la place des yeux : nous sommes entourés de dunes à perte de vue. Lever du soleil, la sensation est indescriptible ; je ne peux maintenant que hocher la tête et hausser les épaules face à mon clavier. J'y étais...

La robsa, la galette, est sortie du sable, sous le brasier, rompue, puis chacun la trempe dans l'huile d'olive et l'harissa, ou l'accompagne soit de Riki (Vache qui rit) soit de bsissa. (pâte de blé, pois chiches, lentilles, sésame, fenugrec, amandes, multitude d'épices et de secrets, huile d'olive, sel et sucre. une boule dans la poche fait le repas des nomades.) Le thé des invités est clair dans un grand verre, celui des hôtes bout avant le lever du soleil, sirop-coup de fouet servi dans un dé à coudre.

On lève le camp, charge les chameaux - qui sont d'ailleurs des dromadaires - et au quart du jour "yallah nemchou !" , "en route", en
marche.....direction ? Les touristes et l'initiatrice ont leurs GPS, nos guides, le soleil.

Celui-ci au zénith, une heure de pause. Où ? Ici...Feu, thé, dattes, riki, robsa, oranges, puis comtemplation ou sieste. Et "yallah nemchou !" Par où ? c'est pourtant facile, on vient de derrière, on va devant...

Aux trois-quarts de la journée, installons le bivouac. Au creux d'une dune un peu plus haute ou entre deux buissons. Le coin doit être libre de mauvaises influences, d'esprits ou Djinns, farfadets du déserts. Les chameliers savent...

Alors on décharge les chameaux, forme un salon de bagages et couvertures, demi-cercle face au tas de bois suffisant pour la nuit et le matin. Nos hôtes préparent le repas et lèvent la tente ; notre aide a tendance à les ralentir...un disparait sans bruit les yeux rivés au sable, certainement pour poser secrètement un collet.

Généralement les hommes du désert prient cinq fois par jour et toute projection dans le futur est suivie d' "Inch Allah", "si Dieu le veut "; c'est si naturel dans un milieu où si peu de conditions sont contrôlables. Bien sûr les provisions (eau et nourriture) sont déterminées mais le nombre de rencontres avec des nomades et le nombre de partages de notre richesse impossible à prévoir. Et il est impressionnant de constater qu'une vie agréable - et non une survie - est possible avec si peu !

De retour à Heathrow, j'ai plus d'achats francais en duty free que de produits du sol africain. Mais les "cadeaux du désert" sont des souvenirs particuliers : trois litres de sable pour me replonger dans sa finesse millénaire de temps en temps, cinq kilos de dattes, un d'harissa et un demi de bsissa, car on s'attache.... une corne de chèvre, des coquilles d'oeufs d'autruches et une vingtaine de pointes de flèches en silex, vieilles d'à peine cinq mille ans....( A leur découverte, la comparaison entre la vie des hommes à cette époque et la nôtre est matière à réflexion. Un peu plus je veux dire...) Quelques photos, pâles imitations surexposées, un beau teint qui s'effrite sous l'ongle en deux semaines (oui, surtout à Londres...) mais le plus important reste : ce CALME issu d'une courte vie hors du temps.

Mano.


Caravane saharienne, Février 2005

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Nous avons donc décidé de partir dans le désert avec Sahara-Tunisie . Nous avons bien fait ! C'était vraiment génial! les chameliers Belgacem , Abdallah, Hedi et notre guide Lamine (dont la cuisine est excellente) ont été très gentils !
Les paysages étaient souvent différents de ce que j'imaginais (il y a beaucoup de végétation), mais ils sont très beaux !
Pendant cette méharée , Hedi a attrapé un poisson des sables et nous l'a montré .
La fabrication du pain faite par Belgacem (3 fois par jour) m'a impressionnée !
Chacun des chameliers avait sa tache et s'occupait de ses chameaux . Bien sur , au retour nous avons du sable partout mais tellement de bons souvenirs !
Nous avons vraiment envie de revenir et d'aller plus profondément dans le désert .

Merci beaucoup à Lamine, Hedi, Belgacem et Abdallah pour ce voyage inoubliable ! aussi à Christine et Tahar pour nous avoir permis de le faire."

CLAIRE, 13 ans

Chotts du Nefzaoua, février 2005

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Sandrine et Medhi

Tembaïn, montagne sacrée, mars 2004

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Vendredi 20 Février 2004. ( 31°43'158 N ; 9°16'537 E )

Voilà presque deux semaines que notre petit groupe chemine, constitué de six heureux, trois chameliers chantants et onze dromadaires placides. Demain nous atteindrons le camp militaire d’El-Borma, ce sera la fin du parcours et la fête un peu triste des retrouvailles car Tahar sera là avec le 4X4 pour nous ramener vers Djerba.


Encore quelques heures pour savourer le désert, avec toutefois un regret : cette année nous n’avons pas eu de réel contact avec les nomades. Seul un chasseur de gazelle a accompagné notre marche un matin, mais il est resté discuter avec Mohamed et Abdallah. Le temps de le saluer et il a disparu comme il avait surgi. Nous devions bien faire un détour dimanche dernier et nous rendre à un campement ; des dattes étaient d’ailleurs mises de côté pour les offrir, mais un jeune chameau a bouleversé le projet en s’échappant durant la nuit. Epris d’indépendance et en apprentissage de portage, il se tient constamment en arrière de la caravane, refusant d’être attaché mais acceptant sa charge. Réglo, mais sans plus… Profitant de la nuit, il a fugué, ivre de liberté. Ah ! ces ados ! Les chameliers sont tendus. Il faut le retrouver, nous passons un long moment à scruter l’horizon. Inch allah ! Abdallah prend une décision : Mabrouk va le chercher pendant que nous continuerons la route. Heureusement tous les deux nous rattrapent quelques heures plus tard. Tout est bien qui finit bien. Aurons-nous une autre opportunité de rencontrer des nomades ? Non. Et de fait, nous ne verrons plus que des campements saisonniers abandonnés.


Donc, ce vendredi matin, vers neuf heures, alors que nous levons le camp dans son traditionnel désordre organisé, nous n’en croyons pas nos yeux. Devant nous, la silhouette nonchalante d’un dromadaire descend les dunes. Un homme entre deux âges le tient par une corde. Il est vêtu d’une djellabah blanche et porte des chaussures de tissu cousu à la main. Il s’arrête, échange des politesses avec les chameliers, pendant que nous, les femmes, avançons vers la jeune femme assise sur le chameau. Sa femme ? Agée de vingt-cinq ans environ, elle est enveloppée dans un voile blanc qui couvre sa tête et ses épaules. Vision biblique. De chaque côté, deux adorables brunettes intimidées - deux et trois ans peut-être - sont assises en équilibre dans de grands couffins d’osier. Nous nous approchons, sous le charme, et faisons connaissance avec Werda ( Rose ), Aïcha et leur maman. A plusieurs reprises, nous entendons un drôle de petit bruit. Miaulement ? Vagissement ? Nous devons rêver. Tout à coup, la jeune femme, souriante et en confiance, dégage les tissus devant elle et nous montre, enveloppé dans ses langes et la tête couverte d’un minuscule chèche, un bébé. Un nouveau-né, à la peau claire et aux cils collés par les grains de sable. C’est FATIMA, trois jours. Nous appelons les hommes, à l’écart en train de bâter les dromadaires, et penchons tous nos têtes, bouleversés par ce petit enfant du désert, sur qui déjà sa maman replie les couvertures, oisillon à protéger dans son nid douillet.

Fatima, princesse des grands espaces

                                                       Peinture d'Yvon Dagorn


Cet homme à pied est le père de la jeune femme ; selon la coutume, elle est venue accoucher dans sa famille et il la reconduit à son mari. Ainsi nous avons vu avant son père cette troisième petite fille que sa femme vient de lui donner. Cela nous trouble beaucoup. Chacun défait ses bagages et offre un vêtement chaud. Abdallah-Balthazar s’approche en tenant une boîte de fromage à tartiner. Eh oui, nous n’avons plus de dattes.


Ce vendredi matin, nous marchons longtemps en silence, graves, émus, remerciant le désert de nous avoir fait ce cadeau somptueux, à la toute fin de notre marche. Choukrane, mektoub, c’était écrit.


Nous te souhaitons une belle vie, petite Fatima, dans un désert que n’atteigne pas la folie des hommes. Dans quelques jours, à Noël, le souvenir de ton visage endormi se superposera à celui d’un autre enfant, né dans une crèche voilà plus de deux mille ans. Yallah, yallah, petite princesse des grands espaces.


Evelyne.

De Ain Essbat à El Borma, février 2004

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Le matin quand je pars dans le froid glacial et que le ciel est bleu dans mon Alsace, l'appel du désert est fort ! Sortir le nez de la bonne torpeur douillette de mon sac de couchage et voir en face les dunes au soleil levant, se promener dans les sables étincelants de cristaux de glace (alors que le matin n'importe où ailleurs je ne peux pas faire 3 pas avant d'avoir pris un café). L'immensité ronde du monde autour de soi. Cette sensation qu'on ne peut avoir que dans le désert d'être exactement au centre du monde puisque l'horizon est infini. Puis le café très brûlant et le pain frais et croustillant trempé dans l'huile d'olive, quel délice sublime malgré le froid. On me proposerait ça dans un hôtel, je détesterais, mais dans le désert ...


Quand je reviens ? Inch'allah, seul lui le sait. Mais je retournerai dans le désert, seule ou non, et ce sera avec vous !


Philia

Les grands sables, décembre 2003

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Les mots manquent
pour décrire le silence,
le silence du désert
que nous écoutons
d'une écoute toute nouvelle,
invitation à notre propre silence intérieur,
invitation à l'écoute du coeur,
invitation de la nature
qui redevient toute puissante,
si pleine de présence
pour nos sens en éveil...
..Alors le chant de la brise
devient le chant unique,
devient la brise l'unique
et nous-même semblons devenir un avec elle...
...et le chant de l'oiseau,
comme une invitation au partage,
de coeur à coeur,
d'être à être...
nous ne faisons qu'un avec...
..et le chant de Magid
ce soir de lune claire
donne rythme et magie au feu...
dans une communion rieuse..

Cette vie qui les anime
elle les habite au plus profond de l'essentiel,
là où je rêve d'habiter un jour,
là où je désire naître à tout jamais,
là où l'illusion n'a plus sa place
car de toute évidence ce qui est, EST.

Nous qui savons si peu de la vie,
celle qui palpite dans le coeur
de ces princes du désert,
nous sommes comme deux petits enfants
assoiffés d'un brin de cette vérité,
et pour qu'en nous aussi la vie s'anime
nous commençons par doucement nous taire
pour d'abord accueillir ce que chaque instant
a à nous communiquer
de cette part d'essentiel...

Noëlle

De Douz à Douz, février 2003

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"Yallah nemchou"! En avant on marche. Le soleil levant a depuis un moment déjà embrasé les hautes dunes et l'air se réchauffe. Il est huit heures et demie, le campement est levé. Les dromadaires ont été chargés selon une répartition inchangée depuis le début du circuit.

Les chameliers, le bâton en travers des épaules, guident la caravane et chantent une chanson qui parle d'amour et de désert. Celui-ci se déroule devant nous, toujours renouvelé : aux cordons de hautes dunes succèdent les cuvettes herbeuses où, parfois, des troupeaux de chamelles paissent les tiges tendres. A l'horizon les montagnes indiquent notre route. Tout à coup Mabrouk, le chamelier, s'arrête au pied d'une petite touffe d'herbes sèches. Il creuse en silence, dégage un sac plastique épais et à l'intérieur, ensablée, une poulie. Poulie ô combien précieuse à qui se dirige vers un puits! Lors d'un précédent circuit, Mabrouk l'avait prêtée à un chamelier et celui-ci,comme convenu, l'a déposée au pied de "la" touffe où Mabrouk devait la reprendre. Nous sommes stupéfaits d'admiration.

Mabrouk rit. Quoi de plus naturel que de retrouver une poulie, à sa place, i