Chaque jour nous tracerons notre chemin dans les cordons de dunes entremêlées. Interminable mer de sable. Un sable d'un bel orangé que les nomades nomme "le sable rouge" en comparaison avec le sable blanc de la région de Douz. Un sable d'une incroyable finesse que l'on ne se lasse pas de caresser. Derrière une dune pourtant, surgira devant vous un plateau rocheux.
Source d'eau chaude
Contraste surprenant entre l'immobilité de la pierre et la mouvance du sable. Immobilité qui n'exclut pas la vie. Vous apercevrez un petit lézard se faufilant derrière un caillou. Quelques plantes s'accrochent au flanc du rocher. C'est là que l'on trouve le fameux thym des montagnes, aux nombreuses vertus thérapeutiques, que tous les nomades connaissent bien.
Derrière ce vaisseau de pierre, le sable reprend aussitôt ses droits. Des dunes, encore des dunes, de plus en plus hautes, formant de véritables barrières à franchir. Entre chaque barrière, des plaines sableuses, de plus en plus larges.
Cet havre de paix n'est qu'une petite "île" au milieu de l'océan de sable dans lequel nous replongeons après cette longue halte. Inlassablement, notre caravane trace son chemin entre les dunes de plus en plus imposantes.
Nous nous approchons pourtant d'une bordure de l'Erg. Sans aucune transition, la dernière dune, appelée Zemlet el Borma, haute de 250 m, côtoie sur son autre face le Reg, désert de pierres qui annonce les montagnes du Dahar.