Nos premiers pas nous guident vers la montagne sacrée de Tembaïn, vaisseau de pierre émergeant d'un océan de sable. C'est une montagne tabulaire d'environ 200 m, érodée au fil du temps par le vent.
Du haut de ce plateau, vous serez pris par la sensation enivrante d'être enfin seul au monde et en dehors de tout. De toutes parts, vous n'aurez vue que sur un horizon de dunes...
Il nous faudra encore traverser ces hautes barrières de dunes, toujours de plus en plus hautes, avant d'arriver jusqu'au lac. Engloutis dans cet océan de sable, vous perdrez très vite vos repères. Alors, vous vous laisserez porter de vagues en vagues. Vous marcherez à votre gré. Solitairement, à l'arrière de la caravane ou sur les crêtes. Ou aux côtés d'un chamelier pour avoir le plaisir d'échanger quelques mots avec lui. Peut-être préfèrerez-vous les hauteurs d'un dromadaire et le doux bruissement de son pas ample sur le sable.
Chamelles et leur petit
Soudain, du haut d'une dune, le bleu intense d'un lac. Joyau serti dans l'or du sable. Cœur vivant du désert. Roseaux et tamaris cernent le lac, se balançant doucement au gré du vent. Comme un mirage, la surface tranquille reflète la crête inversée des dunes. Là, vous aurez l'impression d'être arrivés au bout du monde, et que tout y est parfait.
Ce lac de 250 m de long et 70 m de large est alimenté par une source d'eau chaude légèrement salée et sulfureuse. Malgré son goût, elle est tout à fait potable. Tous les nomades de la région la consomme. Dès le midi nous installerons notre bivouac dans ce lieu magique. Nous pourrons nous "baigner" là où l'eau jaillit, sans savon bien sûr, pour ne pas polluer la source, même si les nomades le font parfois.